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suivre ce blog administration connexion + créer mon blog que cherchez-vous ? pour celui qui cherche la lumière, qui se veut à l'école du réel, pour celui qui cherche celui qui est, et pour celui qui n'attend plus, pour qui voudrait croire et celui qui croit croire... accueil théâtre musique publication page facebook catégories enseignement poésie prière - méditations.. articles témoignages evangile du dimanche films détente musique livres contact le cri de la chouette à midi.. 5 août 2018, 00:29am | publié par grégoire. je n'aime ni la sagesse courte des humanistes ni le délire vague des révoltés. j'aime le coup de tonnerre dans un ciel bleu, le cri de la chouette à midi, le mystère en pleine lumière. certains êtres parlent peu, ne font pas de grands gestes, déplacent peu d'air et pourtant rayonnent. ce sont des étangs dormants où brillent des flaques lumineuses. je crois qu'une vie peut être ainsi, si elle sait être attentive aux choses qui ne font pas de bruit. la vie intense est silencieuse. ce grand secret prête aux malentendus. le silence n'est pas le mutisme. le silence a quelque chose à dire mais ne fait que le suggérer. tel est le rôle des blancs entre les paragraphes. la phrase terminée résonne encore. sur notre balcon, tous les matins, un moineau vient se baigner dans l'assiette remplie d'eau où l. a posé un pot de géranium. il doit penser que les humains ont été créés pour procurer aux oiseaux le moyen de se baigner à bon compte notre finalisme est-il beaucoup moins naïf ? j. bourbon busset, bien plus qu'aux premiers jours. voir les commentaires partager cet article repost 0 poésie force de la faiblesse.. 3 août 2018, 01:15am | publié par grégoire. dans l'apparente faiblesse de l'amour se cache une force extrême, la force de la gratuité, de l'innocence, de l'inutilité. le christianisme cherche à dire cela mais on ne l'écoute guère. la fausse faiblesse de l'amour est une vérité cachée qui, révélée, bouleverserait tout. l'amour du couple réconcilie l'homme et la nature. les amants ont l'un pour l'autre le regard du peintre pour le paysage, regard exigeant et complice. l'être aimé est un arbre qui marche, un nuage immobile, une rivière qui rebrousse chemin et éclate de rire. l'attachement à un être change la couleur du monde. j.bourbon busset, bien plus qu'aux premiers jours. voir les commentaires partager cet article repost 0 poésie bien plus qu'au premier jour. 1 août 2018, 00:09am | publié par grégoire. 26 octobre 1981 ce n'est pas par moralisme, c'est pour sauver la force du désir qu'il faut le structurer. le désir s'évanouit quand il n'est pas confronté à certains obstacles, à certaines limites. il faut des structures pour faire des désirs. ainsi l'amour qui grandit avec le temps, l'amour à toute épreuve est une passion structurée. l'amour vrai n'est pas une impulsion irrationnelle et incontrôlée, c'est un sentiment réfléchi et voulu, c'est un amour qui a une structure. cependant cette structure doit être une structure souple, non un corset de fer. l'amour durable, c'est l'amour à structure souple, où l'invention ne cesse de venir au secours de la constance. l'autoréorganisation est le secret de la durée. cela est vrai d'une forêt, d'une usine, d'une ville, d'une politique. la structure souple est la clé, sans doute parce que la vérité elle-même est une structure souple. 31 octobre 1981. l'autre s'apprend dans la solitude à deux. l'expérience métaphysique de l'autre se fait dans la vie solitaire partagée. c'est cela que la vie m'apporte. on dira à juste titre que la solitude est un privilège, mais c'est aussi un état d'esprit. aux pires heures de l'occupation, dans un métro bondé, l. et moi nous nous sentions tout à fait solitaires et tout à fait accordés non seulement l'un à l'autre mais à tous ceux qui vivaient l'époque comme nous la vivions. l'autre rapproche des autres. étreindre un être, c'est étreindre le monde, les vérités sont complémentaires. c'est pourquoi on les trouve plus facilement à deux. mettre un être à part et se vouer à lui, cela paraît à la fois déraisonnable et asocial. et si c'était la décision la plus raisonnable et la plus sociale ? il y a plus de chances d'aller plus loin avec un être qu'avec plusieurs et le lien social n'a de sens que s'il est intensif. l'amour est le foyer épique de l'individu, le foyer lyrique de la société. jacques de bourbon busset, bien plus qu'au premier jour. voir les commentaires partager cet article repost 0 poésie on a jamais fait grandir avec des principes ! 30 juillet 2018, 00:31am | publié par grégoire. " on a jamais fait grandir avec des principes. on ne fait pas pousser une fleur avec des idées sur la botanique, mais avec de l'eau, de la lumière et de la patience, au jour le jour. on transmet à un enfant ce qu'on est à jamais ce qu'on croit qu'il faut être. on est élevé par des gens qui ont été enfants : c'est donc leur enfance à eux qui nous élève. faire sans cesse l'effort de penser à qui est devant toi, lui porter une attention réelle, soutenue, ne pas oublier une seconde que celui ou celle avec qui tu parles vient d'ailleurs, que ses goûts, ses pensées et ses gestes ont été façonnés par une longue histoire, peuplée de beaucoup de choses et d'autres gens que tu ne connaîtras jamais. te rappeler sans arrêt que celui ou celle que tu regardes ne te doit rien, ce n'est pas une partie de ton monde, il n'y a personne dans ton monde, pas même toi. cet exercice mental - qui mobilise la pensée et aussi l'imagination - est un peu austère, mais il te conduit à la plus grande jouissance qui soit : aimer celui ou celle qui est devant toi, l'aimer d'être ce qu'il est, une énigme - et non pas d'être ce que tu crois, ce que tu crains, ce que tu espères, ce que tu attends, ce que tu cherches, ce que tu veux. christian bobin voir les commentaires partager cet article repost 0 poésie je pense chaque jour à la mort voisine 28 juillet 2018, 01:39am | publié par grégoire. " garder sa vie dans le sentiment neuf de la vie, c'est une des choses les plus difficiles qui soient, les plus souvent escamotées. cela vient sans doute du fait que cette nouveauté de chaque jour ne peut être reçue que dans la proximité de sa mort à soi, rien qu'à soi. je pense chaque jour à la mort voisine. ce n'est pas une pensée du futur, c'est une pensée du présent. c'est la pensée la moins morbide qui soit. cette proximité de vivre avec l'ombre portée de mourir, je peux la résumer en un mot, en une attitude de fond : rire. la vie me bouleverse comme un papier de soie si fin qu'un regard trop pesant suffirait à le déchirer. la vie me comble d'être aussi parfaitement menacée. le déchirement me donne joie et rire. j'avance. j'avance en oubliant ce qui précède -dans ma vie comme dans l'écriture. dans la vie on se nourrit les uns les autres et ensuite on se quitte. les mères nourrissent les enfants, les enfants nourrissent les mères, et puis ils se laissent. les amants se mangent l'âme et ensuite ils se lâchent. je ne vois là rien de néfaste. je ne vois là rien que de nécessaire. manger et puis partir c'est la loi nécessaire de grandir, le mouvement légitime de toute croissance, un deuil que l'on ne peut fuir sous peine de mort." christian bobin ~ l'épuisement. voir les commentaires partager cet article repost 0 poésie résister à la tyrannie des évènements 26 juillet 2018, 00:35am | publié par grégoire. dans le train, je lisais ‘le frère de la côte’ de joseph conrad. quand je lis conrad je sens son haleine: cet homme est alors plus proche de moi que la lumière du jour. il y a eu un arrêt inexpliqué de trois heures, du coté de montauban. béni soit les infarctus de la technique. j’ai pu terminer ma lecture. en vérité, ce livre on n’arrive pas à le finir. un moment un contrôleur est entré dans le compartiment, il venait apporter un carton avec de la mauvaise nourriture, pâteuse, plastique, sans intelligence. offert par la sncf, en compensation, en excuse. comme, en même temps qu’il approchait de moi il parlait, la tête tournée vers